Oṃ !
Bien souvent, on me demande si les cours d’advaïta védanta comportent aussi une partie consacrée aux pratiques. Le sourire en coin, je réponds : « non, on ne fait que de la théorie ».
La véritable réponse est plus subtile : penser, c’est pratiquer. Contempler, constater en soi la véracité des enseignements non duels, c’est pratiquer.
Alors, comment bien penser, contempler, reconnaître la non-dualité ?
Dans un premier temps, il faut préparer le mental, à travers l’action désintéressée, la dévotion et/ou des pratiques yoguiques (citta-śuddhi).
Un seuil est franchi lorsque les enseignements non duels commencent à nous attirer et qu’il nous devient assez aisé de les comprendre. C’est le signe que nous sommes devenu·e·s aptes à recevoir des enseignements (sādhana-catuṣṭaya) : à ce stade, il faut consacrer davantage de temps à l’étude tout en poursuivant ses pratiques spirituelles et son mode de vie dharmique.
L’étude consiste à écouter les enseignements (śravaṇam) dans la lignée non duelle (parampāra). En effet, il s’agit d’une transmission orale directe. L’échange tient une place importante, car elle permet d’identifier les confusions, inévitables dans ce domaine si subtil ; la lignée, quant à elle, garantit la précision, la justesse et l’exhaustivité de l’enseignement de génération en génération.
Vient alors une autre forme de pratique, en deux volets : comprendre (mananam) et contempler, assimiler (nididhyāsanam). Le but est d’atteindre la libération ou, dans les termes non duels, de s’établir dans ce nouveau regard, plus juste, sur le monde et soi-même (la jīvanmukti du sthitaprajña).
La réflexion sur les enseignements est moins facile qu’il ne semble au premier abord, car il s’agit de faire la lumière sur des convictions inconscientes fondamentales, de les remettre en question et, le cas échéant, de les remplacer par un constat plus informé. C’est pourquoi Śrī Śaṅkarācārya, le grand philosophe de l’advaïta védanta, nous accompagne pas-à-pas à travers des dialogues dans ses commentaires et ses œuvres indépendantes. Très élevés, ces écrits semblent souvent éloignés de notre expérience, exigeant donc que nous les étudions en groupe pour comprendre la manière dont ces enseignements sont pertinents pour nous aujourd’hui.
Enfin, nous avons beau être pleinement convaincu·e·s par les enseignements, les avoir compris, l’établissement dans le Soi peut continuer de nous échapper – c’est l’obstacle majeur des étudiant·e·s de la non-dualité. À ce stade, la contemplation est prescrite. Elle prend plusieurs formes – la méditation formelle, en complément de la pratique qui consiste à ramener constamment le mental à la conscience pure ou réalité absolue. Pour ce faire, Śrī Śaṅkarācārya a également composé des textes qu’on pourrait décrire comme des protocoles pour parvenir à l’établissement dans la non-dualité, comme des dispositifs pour défaire l’identification au mental et s’établir, encore et encore, dans sa véritable nature, jusqu’à devenir inébranlable, jusqu’à la libération.
Ces textes ont été compilés dans un ouvrage appelé Upadeśa-sāhasrī, c’est-à-dire les mille enseignements.
Toutes les semaines à partir du mardi 29 septembre, nous proposons l’étude de ce texte en ligne de 14h30 à 15h45 aux personnes ayant déjà une bonne connaissance de l’advaïta védanta.
Pour recevoir les informations de connexion, il suffit de répondre à cet e-mail.
Pour les tarifs, rendez-vous ici.
Nos autres rendez-vous…
La Bhagavad-gītā en ligne sur Zoom (rendez-vous ici pour recevoir les informations de connexion) les lundis de 18h30 à 19h45, à Montpellier les mardis de 18h30 à 19h45 au 22 rue Saint-Léon.
L’Aitareya-upaniṣad à l’Arche de Saint-Antoine (Isère) du mercredi 28 octobre au dimanche 1er novembre (informations sur demande).
Au plaisir de vous retrouver bientôt !
Chaleureusement,
Sophie
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